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Les violences ordinaires dans la Rome républicaine : thèmes, degrés, définitions. Cinquièmes rencontres internationales d'histoire de la République romaine (Grenoble)

Les violences ordinaires dans la Rome républicaine : thèmes, degrés, définitions. Cinquièmes rencontres internationales d'histoire de la République romaine (Grenoble)

Publié le par Marc Escola (Source : Aurélie Larcher)

Appel à participation

Cinquièmes rencontres internationales d'histoire de la République romaine

Grenoble, Université Grenoble Alpes – laboratoire LUHCIE 19-20 septembre 2024

« Les violences ordinaires dans la Rome républicaine : thèmes, degrés, définitions » 

Le présent appel s’adresse aux doctorantes et doctorants en fin de thèse, ainsi qu’aux post-doctorantes et post-doctorants ayant soutenu depuis moins de cinq ans. Il concerne un colloque scientifique qui constitue la cinquième édition de rencontres de spécialistes de la République romaine. Au départ destinées aux « jeunes républicanistes du monde romain [1] », ces rencontres scientifiques souhaitent désormais s’ouvrir plus largement. L’objectif de ces rencontres régulières est en effet de renforcer les liens institutionnels et scientifiques entre les membres d’un réseau principalement composé de chercheuses et chercheurs travaillant en France, mais amené aussi à s’ouvrir ponctuellement, en fonction des thématiques abordées, à des collègues étrangers. Promouvant le renouveau des problématiques et des approches sur la République romaine, les rencontres entendent par ailleurs donner également la parole aux plus jeunes chercheuses et chercheurs, de manière à mettre en lumière des travaux récents ou en cours, qui peinent souvent à trouver un espace d’expression.

Présentation de la thématique des rencontres 2024

Les rencontres internationales d’histoire de la République romaine ont adopté, depuis leur deuxième édition, le principe d’une thématique traitée de manière bisannuelle proposant, lors d'une première rencontre, un traitement large d’une question qui mette en valeur des points de discussion plus spécifiques sur lesquels se construit le programme des rencontres suivantes. La thématique des rencontres 2024 s’inscrit donc dans la continuité d’une première manifestation qui s’est déroulée en septembre 2023 et était consacrée aux violences quotidiennes dans la société romaine. On entendait par-là les violences apparaissant « à bas bruit » dans nos sources en excluant au contraire les événements qualifiés d’exceptionnels dans la mesure où ils sortaient du cadre quotidien (état de guerre) ou paroxystiques (« crises » des guerres civiles, des proscriptions par exemple). Ce cycle inauguré en 2023 a donc choisi de laisser de côté les violences qui retiennent majoritairement l’attention des sources parce qu’elles rompent de manière flagrante un équilibre considéré comme la norme d’un horizon, celui du fait socialement acceptable. Autrement dit, l’objet d’étude proposé était la violence considérée comme quotidienne parce qu’intégrée dans l’univers mental et social. L’objectif était par-là de tester le caractère heuristique du terme de « société violente » pour décrire la société romaine.

Les réflexions menées au cours des premières rencontres se sont organisées autour de quatre thématiques : les violences politiques, les violences du quotidien, les violences sexuelles et les violences sur les territoires. Une des questions sous-jacentes aux discussions que les communications du premier colloque ont suscitées est celle du degré d’acceptabilité d’un acte considéré, à partir d’un certain seuil, comme violent ; autrement dit, de la qualification de l’acte / de la parole violente. C’est une banalité de dire qu’un fait qu’un lecteur contemporain pourrait considérer comme relevant de la violence ne recevait pas forcément cette qualification par les Anciens, parce qu’il appartenait à l’horizon des faits acceptables. Les cinquièmes rencontres voudraient s’intéresser justement à la détermination des seuils qui font basculer un acte, une parole du côté de la violence parce qu’ils rompent une norme. On pourrait résumer encore la question d’une manière différente : qu’est-ce qui fait la violence quotidienne ? La question a déjà été posée pour les massacres de guerre dont la condamnation morale et la qualification en acte de violence dépend grandement des circonstances, des victimes, des modalités de commission de l’acte, mais elle peut aussi se poser pour la violence quotidienne : la différence de degré ou de nature entre en ligne de compte pour définir ces violences du quotidien.

Le présent appel à communication vise donc à compléter l’étude lancée lors des rencontres de septembre 2023 dans deux directions :

-   soit en poursuivant l’étude par champs thématiques amorcée lors des rencontres de septembre 2023 et en complétant le spectre des champs abordés, par exemple en abordant la violence quotidienne par le biais de sa qualification juridique, en prenant en compte l’aspect économique de la violence, en s’intéressant aux violences symboliques etc. en poursuivant la démarche de dépassement de la perspective élitaire, criminelle et étatique qui était déjà celle du premier colloque ;

  •   soit en s’intéressant au thème de la définition et de la qualification de la violence, en contribuant à répondre à la question « qu’est-ce qui fait violence ? ». Cet axe problématique pourrait s’intéresser précisément à : la perception des effets de seuils qui permettent la qualification des faits violents ; à la différence induite par le passage de la violence singulière à la violence collective ; à la question topographique (quand le lieu participe à la qualification d’un acte violent) ; à la question des victimes de la violence (en étudiant la constitution de la notion de victime) ; à la question de la perception de la violence et de ses degrés ; à la question de la temporalité (caractère ponctuel qui constitue la violence comme une irruption ; ou au contraire plus diffus, qui envoie à la question de sa banalisation et de la brutalisation de la société…

Envoi des propositions

Il est attendu des propositions qu’elles se rattachent à l’un ou l’autre de ces axes problématiques. Toutes les propositions seront examinées par le comité scientifique et pourront être retenues en fonction de leur pertinence.

Les dossiers de candidature, composés d’une présentation succincte du parcours de l’oratrice ou de l’orateur, ainsi que d’un titre et d’un résumé de la communication d’environ 500 mots devront parvenir aux membres du comité d’organisation le 15 mai au plus tard.

L’organisation du colloque financera le transport et l’hébergement. 

Comité d’organisation

Clément Chillet, MCF histoire romaine, Université Grenoble Alpes : clement.chillet@univ-grenoble-alpes.fr

Marie-Claire Ferriès, MCF histoire romaine, Université Grenoble Alpes : marie-claire.ferries@univ-grenoble-alpes.fr 

Aurélie Larcher, doctorante en histoire romaine, Université Grenoble Alpes : aurelie.larcher@univ-grenoble-alpes.fr

Comité scientifique

Bertrand Augier, MCF histoire romaine, université de Nantes

Robinson Baudry, MCF histoire romaine, université Paris Nanterre

Audrey Bertrand, directrice des études pour la section antiquité, École française de Rome

Clément Bur, MCF histoire ancienne, université d’Albi

Raphaëlle Laignoux, MCF histoire romaine, université Paris 1 Panthéon-Sorbonne

Cyrielle Landrea, MCF histoire ancienne, université de Lorient

Thibaud Lanfranchi, MCF histoire romaine, université Toulouse Jean-Jaurès

Ghislaine Stouder, MCF histoire romaine, université de Poitiers

Alexandre Vincent, MCF histoire romaine, université de Poitiers

 

[1] Premières rencontres : Lorient, septembre 2019, « Blessures aristocratiques : du corps à l’honneur ». Deuxièmes rencontres : Albi, septembre 2021, « Faire carrière à Rome ». Troisièmes rencontres : Poitiers, septembre 2022, « Faire carrière dans le monde romain : les carrières populaires ». Quatrièmes rencontres : Marne-la-Vallée & Nanterre, septembre 2023 : « Une société violente ? Enquêtes sur les violences quotidiennes et ordinaires dans la Rome républicaine ».